Logo Dominique Clerc

Une photographie fictionnelle



Non pas au sens de raconter une histoire mais plutôt de donner un corps pictural aux questions de notre époque.


Avec le montage et la retouche numérique au centre de nouvelles pratiques, on ne parlera plus tout à fait de photographie, encore moins de photographie sociale mais plutôt de fiction sociale. Aujourd’hui l’objectif et le subjectif s’entremêlent si naturellement que nous nous accommodons déjà de toutes les manipulations. Et si nous en discernons les stratagèmes, c’est aussi que les photographes n’ont pas attendu et se sont appropriés les nouvelles technologies comme d’un nouveau langage. Explorant des voies multiples, les voici dans le débat d’idées à distordre et redimensionner la réalité non pour de simples considérations esthétiques mais pour en signifier ses contradictions. Prospective sociale, écologique ou sociétale, cette photographie s’engage, fait sens et démontre qu’elle est beaucoup plus qu’une image.

Mais toujours une photographie, ou plus exactement son clone. Lumière, cadrage et point de vue tout comme dans un usage classique. A la différence près que le processus diffère et que la retouche ou plutôt la post-production retarde le moment des choix et multiplie les possibilités. Comme en peinture, la vraie question est d’avoir à décider de tout et de savoir à quel moment le travail est terminé.


Et comme dans tout art, la pratique évolue jusqu’à déborder du cadre initial. En produisant ses propres impuretés elle régénère et enrichit l’ensemble. La photographie n’a donc d’autre choix que de continuer à s’ouvrir et à intégrer de nouvelles approches au risque de piétiner dans sa propre mythologie.